Hommage au chant des ruisseaux :
Ricardo Vilca et son palo de agua
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Ricardo Vilca n'est pas un compositeur comme les autres. Avec sa guitare, sa flûte indienne, il cherche à reproduire et mettre en musique les bruits familiers de son village d'Humahuaca. Sa musique immortalise ainsi le martèlement des sabots de l'âne qui passe tous les matins dans la rue, la plainte des vents sur l'altiplano, le mouvement des cloches de la petite église San Bernardo, ou encore le sifflement du train s'arrêtant devant sa maison d'Iturbe où il habitait enfant...
Certaines chansons parlent aussi de chants des rivières, d'eaux riantes, de pluies fines, de ruisseaux ironiques, ou d'autres cascades à la gaieté bruyante. Il leur rend hommage en utilisant son "palo de agua" ("bâton d'eau"; encore appelé "bâton de pluie"). Cet instrument date des Incas. Il consiste en une branche creuse de 5 à 10 cm de diamètre, longue d'environ 30 à50 cm, transpercée par des épines de cactus sur toute sa longueur, et contenant des graines de semences ainsi que des petits cailloux. Quand on retourne le palo, les épines de cactus freinent l'écoulement des graines et cailloux, produisant ainsi un bruit similaire à de l'eau qui coule. Les Incas utilisaient fréquemment cet instrument lors de danses servant à invoquer la pluie.